Assises du Muscle 2026 : La parole aux experts
Laurence Tiennot-Herment
« On a évoqué la myologie dans tous ses états…avec des spécialités très différentes. On voit que tous ces mondes-là, qui bien souvent travaillent en parallèle, doivent travailler tous ensemble au service d’un objet : le muscle, enjeu de santé publique. »
Laurence Tiennot-Herment dresse le bilan de cette deuxième édition des assises du muscle avec des propositions concrètes et collectives – dont la création d’une Formation Spécifique Transversale qui semble être une évidence pour tous – à porter au ministère de la Santé.
Fabrice Chrétien
Que faut-il faire concrètement pour que la santé musculaire devienne un vrai sujet de santé publique ?
Fabrice Chrétien détaille sa réponse : sensibiliser, former les soignants, agir à tous les âges. Et il nous parle de la future Fondation du Muscle.
Cédric Moro
Pourquoi certains vieillissent mieux que d’autres ?
Cédric Moro part d’une question simple. Sa réponse tient en deux mots : capital musculaire. Et il explique comment on le construit, et surtout comment on évite de le perdre.
Boris Cheval
Moins de 3 % des adolescents atteignent les recommandations en activité physique, sommeil et temps d’écran.
Boris Cheval pose le chiffre et creuse la question : pourquoi est-ce si difficile de bouger, et comment changer ça ?
Evelyne Labonté
Un bébé sur le ventre, un enfant qui court, un adolescent qui bouge : chaque étape compte.
Evelyne Labonté explique comment le capital musculaire se construit dès les premiers mois de vie, pourquoi le mouvement est aussi un apprentissage, et ce que parents et décideurs peuvent faire concrètement pour que les enfants grandissent en bougeant.
Karine Couturier
« Est-ce que c’est possible de faire des champions dans le ventre des mères ? »
Karine Couturier, enseignante chercheuse en physiologie de l’exercice, Laboratoire de Bioénergétique Fondamentale et Appliquée, Université Grenoble Alpes, explore une question fascinante : l’activité physique d’une mère pendant la grossesse et la lactation peut-elle influencer durablement la santé musculaire de son enfant ? Ses travaux de recherche suggèrent que oui.
Marc Domin
« Il faut redonner le goût de l’effort et l’envie aux élèves de se dépasser pour leur plaisir et leur bien-être. »
Marc Domin, professeur d’EPS, établissement scolaire Albert de Mun, Nogent-sur-Marne, pointe la décrue du temps consacré à l’activité physique à l’école : 4 heures d’EPS en 6e, 2 heures au lycée. C’est précisément au moment où les élèves décrochent du sport qu’on réduit le temps qu’on leur y consacre. Il plaide pour un changement et raconte comment l’association sportive peut faire la différence.
Bénédicte Chazaud
« La vie c’est le mouvement, il faut bouger. »
Bénédicte Chazaud dépasse le seul champ des maladies neuromusculaires pour montrer comment la myologie irrigue aujourd’hui la recherche sur le diabète, le cancer, la santé mentale et le vieillissement. Et pourquoi le muscle pourrait demain devenir un biomarqueur de référence dans de nombreuses pathologies.
François Carré
Pourquoi notre société nous pousse-t-elle à bouger toujours moins ?
François Carré explique les conséquences de la sédentarité et appelle à un changement de paradigme impliquant l’école, l’entreprise, l’urbanisme et les familles pour remettre le mouvement au cœur de nos vies.
Irène Margaritis
« Dire aux gens ce qu’il faut qu’ils fassent sans qu’ils aient le temps ou l’espace pour le faire, ça crée une forme de dissonance cognitive. »
Irène Margaritis, professeure de physiologie, adjointe au directeur d’évaluation des risques à l’ANSES, le dit clairement : bouger ne peut pas rester une injonction individuelle. Elle pointe un paradoxe français : on valorise les apprentissages théoriques au détriment des compétences physiques, et les moins de 44 ans sont aujourd’hui plus sédentaires que leurs aînés. Un changement de mode de vie qui doit se construit dès l’enfance.
Fabien Gilot
« Je fais une heure et demie de sport par jour, et pour autant, je suis sédentaire »
Fabien Gilot bouscule les idées reçues sur l’activité physique : ce n’est pas l’intensité de l’effort qui compte, c’est la mobilité au quotidien. Et il explique pourquoi l’entreprise est un levier incontournable pour changer les habitudes.
Kiyoka Kinugawa-Bourron
« Ce n’est pas forcément à quel âge on va quitter ce monde qui compte. C’est l’espérance de vie en bonne santé qui est importante. »
Kiyoka Kinugawa-Bourron explique ce qu’est la sarcopénie, cette pathologie du muscle qui entraîne une perte de masse et de force musculaire liée à l’âge, trop souvent confondue avec le vieillissement normal. Et elle rappelle un message essentiel : il n’est jamais trop tard pour commencer une activité physique.
Xavier Bigard
« 85 % de la population française cumule deux facteurs de risque : manque d’activité physique et sédentarité excessive. »
Obésité, diabète de type 2, réduction de l’espérance de vie… Xavier Bigard détaille les conséquences sanitaires et économiques de cette réalité, et formule des propositions concrètes pour chaque tranche d’âge : pérenniser les passes sport pour les jeunes, promouvoir le sport et les déplacements actifs en entreprise, adapter les programmes d’activité physique en EHPAD… Avec une conviction : plus tôt on entretient son capital musculaire, mieux ce sera pour le reste de sa vie.
Yves Boirie
« Le muscle n’est pas seulement une victime de la maladie. Il peut être un acteur de l’évolution de la maladie chronique. »
Yves Boirie replace le muscle au cœur de la prise en charge des maladies chroniques et du vieillissement. Il détaille comment dépister la sarcopénie, comment prendre en charge la perte musculaire, pourquoi la nutrition joue un rôle clé dans la restauration musculaire, et pourquoi cette pathologie reste aujourd’hui sous-estimée, cliniquement comme économiquement.
Claire Colas
« L’activité physique adaptée, c’est proposer de l’activité physique aux personnes qui ne sont pas ou plus capables de pratiquer dans des conditions habituelles. »
Claire Colas, enseignante en Activité Physique Adaptée, Service de Physiologie Clinique et de l’Exercice, CHU de Saint-Étienne, présente une discipline encore méconnue, qui vise un objectif de santé, et non de performance, et en pointe son frein principal : le financement avec le sport sur ordonnance non remboursé par l’Assurance maladie. Elle raconte aussi comment l’activité physique adaptée a permis à une patiente atteinte de fibromyalgie de reprendre le travail à 100 % et d’entreprendre un voyage au Japon.
Pierre-Yves Geoffard
« Aujourd’hui, on n’est plus payé pour faire un effort physique, c’est l’inverse. Les gens payent pour exercer un effort physique. »
Pierre-Yves Geoffard replace la sédentarité dans le temps long, interroge le renversement du gradient social de l’obésité et pose une question que les politiques publiques esquivent : combien coûte vraiment l’inaction, et pour qui ?
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